• De l’homosexualité dans la Bible

    Lorsqu’il est question d’homosexualité, l’argumentation d’opposition puise sa source dans les versets bibliques. Il est donc d’usage de dire que la Bible condamne ouvertement l’homosexualité qui de fait devient un péché capital. Puisqu’au début fût le verbe, il est juste d’interroger les Saintes Ecritures et les passages majoritairement convoqués durant le débat afin de mieux…

De l’homosexualité dans la Bible

Lorsqu’il est question d’homosexualité, l’argumentation d’opposition puise sa source dans les versets bibliques. Il est donc d’usage de dire que la Bible condamne ouvertement l’homosexualité qui de fait devient un péché capital. Puisqu’au début fût le verbe, il est juste d’interroger les Saintes Ecritures et les passages majoritairement convoqués durant le débat afin de mieux comprendre ce texte, ses enjeux réels ou supposés et son application concrète .

1 Corinthiens 6:9-10

Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères,

ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu.

1 Timothée 1:9-11

Sachant bien que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, les parricides, les meurtriers,

 les impudiques, les infâmes, les voleurs d’hommes, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est contraire à la saine doctrine, –

 conformément à l’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, Évangile qui m’a été confié.

Dans le texte original les termes utilisés sont Malakos et Arsenokoites qui sont à comprendre ensemble car ils traduisent une dynamique relationlle : ainsi, lorsqu’ils  sont apposés  arsenokoites se réfère au dominant et malakos au dominé de la relation. La ligature met en relief des phénomènes de domination qui dépassent en réalité le stricte cadre intime et amoureux. Dès lors que la traduction retranscrit le contexte d’utilisation de ces termes – il est bon d’ajouter qu’arsenokoites est un néologisme créé par Paul afin d’exprimer une vérité non-définie en employant un cadre de perception nouveau – et leur lien intrinsèque, celle « d’homosexuels » qui a longtemps été employée devient non pas seulement obsolète mais la preuve d’une grande inexactitude. Il est juste de les traduire respectivement par jeune prostitué (malakos) et proxénète (arsenokoites). Ce dernier est alors à appréhender comme étant un être immoral dans la mesure où il représente l’abus impuni d’un tiers ainsi qu’une injustice économique puisque la relation est basée sur l’argent issu d’un trafic ou commercialisation d’un être humain.

De plus, dans 1 Timothée 1:8-11 Arsenokoites apparaît à côté de « ravisseur ».

Si on analyse le passage de Sodome et Gomorrhe conjointement au livre d’Ézéchiel et plus particulièrement au verset 16:49 ci-dessous cité alors on se rend compte que les villes voisines ont brûlées car elles ont transgressé des tradition de l’hospitalité:

Voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur. Elle avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l’indigent.

Ainsi « sodomite » est à comprendre au sens de « violeur ».

Dans Jude 1:7

que Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l’impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d’un feu éternel.

L’acte homosexuel soutenu par le texte correspond en fait à un viol hétérosexuel. Lorsque les habitants se présentent à la porte de Loth, ils le somment de leur donner à connaître les deux étrangers qu’accueille Loth en sa demeure. Se faisant, ils font montre d’une transgression totale des lois de l’hospitalité. Le discours concernant le viol et l’homosexualité naît de la présence du verbe « connaître » de l’hébreu yada dont l’une des traductions est   « connaître une personne d’une façon charnelle « . En réponse, Loth leur propose de leur donner ses deux filles vierges. Le fait est que l’homosexualité n’est en aucune manière dans ce texte liée à une pratique amoureuse mais à un viol d’un homme, par un autre homme afin de déshonorer « l’étranger ». C’est donc le viol qui est condamné. 

Les versets ordinairement cités sont de deux natures différentes, les premiers dont il fut question au-dessus traitent du statut des acteurs de la relation, les seconds vont quant à eux aborder l’acte intime et privé. Ils pourraient être compris selon la dichotomie manichéenne de pécheur / péché.

Lévitique 18:22

Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination.

Lévitique 20:13

Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux.

Les versets juridiques vont toujours de paire ainsi le 18:22 définit le crime et 20:13 la pénalité. « C’est une pratique abominable » (TO ‘EBAH : péché à la gravité particulière). Sans cette deuxième partie on aurait pu analyser le verset comme énonçant une réalité physique. Donc effectivement le Lévitique condamne l’homosexualité. Néanmoins : le Lévitique énonce les lois mosaïques subséquemment bien qu’elles soient respectées par les chrétiens car elles proviennent du prophète, ils sont soumis aux lois de la Nouvelle Alliance édictées par le Christ, or le Lévitique fait partie intégrante de l’Ancienne Alliance ( dite Ancien Testament). De plus, Paul que je citais plus haut ( 1 Corinthiens 6:9-10 et 1 Timothée 1:9-10), s’inspire du Lévitique tant dans la formulation que dans les termes qu’il emploie. Dans Galates 3:28 Paul ajoute :« il n’y a plus ni Juif ni Grec ». On sait que la pratique homosexuelle s’appelle le « vice grec » et qu’elle devient le symbole de la culture païenne. La chrétienté souhaite se débarrasser des pratiques païennes et donc condamne de facto l’homosexualité. C’est pour ça que c’est une TO ‘EBAH (une abomination): un symbole païen dont la pratique est honnie. En substance toute activité sexuelle est condamnée par le Livre, qu’elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle. Il est nécessaire de distinguer de celles-ci les relations entre mari et femme (Gn 2) qui elles ne sont pas condamnées car le mariage a été contracté et peut donc être consommé dans la connaissance et le respect mutuel.

Cependant, parce que Paul s’est inspiré du Lévitique alors la loi mosaïque résonne très clairement dans le nouveau testament. Mais il faut aussi appréhender l’humanité des auteurs des Saintes Ecritures. D’aucuns disent que, même si les auteurs des livres sont humains, ils sont inspirés par Dieu, donc on ne peut pas les remettre en question. Ils ajoutent que Dieu dans son immense miséricorde définit la relation homosexuelle non comme un fait social et périodique mais dans son acceptation historique et donc actuelle. Se faisant, il condamnerait l’homosexualité telle qu’on la conçoit maintenant car il est omniscient. Cela signifierait que Paul est au courant de ce qu’est l’homosexualité or personne ne peut comprendre les plans de Dieu qui sont bien trop complexes ( première modulation acceptable seulement si vous êtes croyant.e.s). Ces commentaires pourraient sembler cohérents si on ne prend pas en compte l’historicité de la religion. Néanmoins ce serait se tromper que de prétendre le contraire, la religion est indéniablement historique et s’écrit dans un temps humain, c’est la raison pour laquelle il y a une création, la naissance du Christ dans un temps mortel et une fin. Ainsi, le rejet de Paul et de Moise sont valables uniquement dans leur temps afin de rejeter la symbolique païenne. Mais les enjeux socio-politico-geo-cultuels ont évolués et avec eux les canons qui doivent donc se réécrire. Le message délivré dans les testament n’est pas immuable, il a été écrit par un peuple pour son peuple afin de comprendre et d’appréhender les mécanismes en place.

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer